1960-2010. Hommage à Albert Camus
En librairie : La Postérité du Soleil d'Albert Camus

  La Postérité du soleil, née de l’amitié qui lia après la Libération Albert Camus et René Char, parut dans une version de luxe en 1965. Cette réédition en grand format permet de découvrir un texte oublié d’Albert Camus, relevant d’une écriture poétique et fragmentaire peu courante sous sa plume.

  La parution de La Postérité du soleil est accompagnée d’une exposition à l’Hôtel de Campredon – Maison René Char,à l’Isle-sur-la-Sorgue, jusqu'au 7 février 2010.

   La Postérité du Soleil d'Albert Camus
   Exposition « Henriette Grindat. Matières et Mémoires »
   Correspondance Albert Camus – René Char

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La Postérité du Soleil d'Albert Camus

  Photographies d’Henriette Grindat
  Itinéraire de René Char

   Sur La Postérité du soleil : entretien vidéo avec Franck Planeille

  La Postérité du soleil est née de l’amitié qui lia après la Libération Albert Camus et René Char. La correspondance des deux écrivains fait plusieurs fois allusion à ce projet de « livre sur le Vaucluse » – cette chère terre du Midi, baignée par « la lumière de vérité » où prit source la poésie de Char –, qui serait la trace fidèle de leur fraternité. Ils en escomptaient une « joie durable ». Mais le livre ne put paraître du vivant de Camus, bien que le manuscrit en fût prêt au début des années 1950, après que Char y eut apporté son « luttant et respirant » poème d’ouverture. Les fragments poétiques de Camus y accompagnaient et transfiguraient les photographies d’Henriette Grindat (1923-1986), artiste suisse amie de plusieurs écrivains français et romands, venue rencontrer Char à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans le but de donner un visage à « cette arrière pays qui est à l’image du nôtre, invisible à autrui » (Char). La mort tragique de Camus vint redonner vie à ce projet.
  Char fit qu’il vît enfin le jour et rendît ainsi hommage à son ami disparu, reprenant ça et là son texte et le faisant suivre de quelques souvenirs. Le galeriste et éditeur suisse Edwin Engleberts en donna en 1965 l’édition originale, monumental ouvrage de bibliophilie contemporaine tiré à 120 exemplaires. Cette publication à titre partiellement posthume conférait à l’œuvre commune sa valeur testimoniale. Car la « postérité du soleil », c’était bien sûr la trace laissée par le souvenir lumineux d’une amitié, comme l’avaient envisagé les deux auteurs ; c’était aussi, au-delà de l’attachement commun à une même terre, le point de rencontre de la pensée de Char et de Camus, cette idée que, le soleil disparu, la lumière est encore possible et l’espoir, malgré la vie éteinte : « Demain, oui, dans cette vallée heureuse, nous trouverons l’audace de mourir contents ! » (Camus). Hommes et paysages, révélés par la photographie et l’écriture, révélaient à leur tour à Char ces moments de grâce de son passé récent. Et qu’était-ce enfin que la photographie, sinon la postérité même du soleil, la fixation précaire mais salutaire d’un éblouissement ? « Comment montrer, écrivait Char dans son poème d’ouverture, sans les trahir les choses simples, données entre le crépuscule et le ciel ? Par la vertu de la vie obstinée, dans la boucle du Temps artiste, entre la mort et la beauté. »

  Le tirage de tête de cette réédition, limité à 100 exemplaires, est enrichi du tirage d’une photographie inédite d’Henriette Grindat, choisie parmi celles qui n’avaient pu être retenues par les deux écrivains.

Sur La Postérité du Soleil : entretien avec Franck Planeille

  Entretien réalisé en 2007, à l'occasion de la parution de la correspondance Albert Camus – René Char.

 

Albert Camus
La Postérité du Soleil
Photographies d'Henriette Grindat.
Itinéraire de René Char
Gallimard, 2009
80 pages, 30 ill. - 22,50 €

   
 


Exposition « Henriette Grindat. Matières et Mémoires »

  L’Hôtel de Campredon – Maison René Char, à L’Isle-sur-la-Sorgue, consacre du 7 novembre 2009 au 7 février 2010 une exposition à Henriette Grindat.

  Il s’agit, plus que d’un parcours chronologique, d’une présentation des thèmes importants de l’œuvre de cette photographe suisse qui publia de nombreux livres à la Guilde du livre avec notamment Philippe Jaccottet, Jean Amrouche, Bernard Chappuis ou Charles-Henri Favrod. L’exposition consacre aussi une salle à la rencontre et à la fraternité qui unissait Char et Camus (dont la correspondance a été publiée récemment) et au contexte dans lequel est né le projet d’un livre commun : La Postérité du soleil. Des images non retenues par Camus au moment où il travaillait au manuscrit de ce livre sont présentées ici pour la première fois, parmi des manuscrits dont celui de la préface à l’édition allemande des Poésies de Char parue en 1959. Une seconde salle présente des photographies de Tipasa (haut lieu camusien comme pouvait l’être les rives de la Sorgue pour Char) prises par Henriette Grindat à la demande d’Albert Camus, l’année même où il écrivait les textes de La Postérité du soleil et le « Retour à Tipasa » qui sera recueilli dans L’Été. Ce projet, contrairement à celui de La Postérité du soleil, n’eut pas de lendemain.

 

Du 7 novembre 2009 au 7 février 2010
Ouvert tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 17h30. Fermé le lundi.
Hôtel de Campredon – Maison René Char
20, rue du Docteur-Tallet — 84800 L’Isle-sur-la-Sorgue
Tél. : 04.90.38.17.41
www.maison-renechar.fr

   
 


Correspondance Albert Camus – René Char

  Correspondance croisée établie, présentée et annotée par Franck Planeille, enrichie d'annexes et de documents inédits.

   Entretien vidéo avec Franck Planeille

  Je crois que notre fraternité – sur tous les plans – va encore plus loin que nous l’envisageons. De plus en plus, nous allons gêner la frivolité des exploiteurs, des fins diseurs de tous bords de notre époque. Tant mieux. Notre nouveau combat commence et notre raison d’exister. Du moins, j’en suis persuadé… Je le devine et je le sens

René Char à Albert Camus, 3 novembre 1951  

  On savait Char et Camus frères en amitié. Les quelque deux cents lettres inédites ici rassemblées l'attestent, qui retracent ce que furent les engagements et les travaux communs des deux hommes après-guerre et leur proximité attentive et réciproque. Mais ce qui donne tout son sens à cette correspondance est ce qui l'a peut-être initiée : la rencontre et la reconnaissance de deux œuvres en même temps que leur convergence dans une époque de démesure et de déraison. Tout comme « l'envie d'écrire des poèmes ne s'accomplit que dans la mesure précise où ils sont pensés et sentis à travers de très rares compagnons » (Char à Camus), le moment de doute dans l'accomplissement d'une œuvre ne peut que s'appuyer sur « l'ami, quand il sait et comprend, et qu'il marche lui-même, du même pas » (Camus à Char)... Une façon lumineuse, entre Ventoux et Luberon, de rejoindre l'intuition de Julien Gracq qui, avec l'éloignement du temps, voyait se « rapprocher aussi, dans la signification de leurs œuvres, deux amis dont les silhouettes pouvaient sembler si différentes ».


Entretien avec Franck Planeille, éditeur de la correspondance Albert Camus – René Char

  Entretien réalisé en 2007.

 

Albert Camus-René Char
Correspondance 1946-1959
Édition de Franck Planeille
Gallimard, 2007
272 pages - 20 €

     
    © www.gallimard.fr 2009