
|
|
Jacques Lemarchand
Le Nouveau Théâtre (1947-1968). Un combat au jour le jour
Ce recueil rassemble un choix de chroniques théâtrales que Jacques Lemarchand écrivit pour Combat, La NRF et Le Figaro littéraire. Ces textes témoignent du combat que mena, pendant près de vingt ans, le critique dramatique en faveur du théâtre nouveau incarné par Adamov, Beckett, Ionesco, Vauthier et quelques autres.
Véronique Hoffmann-Martinot, qui a réuni et présenté les chroniques de Jacques Lemarchand, et Robert Abirached, auteur de la préface, ont présenté Le Nouveau théâtre (1947-1968) à la librairie Mollat le 19 janvier 2010.
Vous pouvez écouter et télécharger leur entretien sur le site de la librairie : www.mollat.com
 |
Le critique dramatique, sans faire le moins du monde abstraction de ses goûts personnels, se doit de comprendre qu'il existe deux sortes de théâtre que l'on peut appeler un peu simplement, théâtre de pensée et théâtre de distraction. Il doit admettre, quels que soient ses goûts, qu'il y a des gens pour qui le théâtre est un élément de la vie spirituelle, et d'autres qui ne veulent y trouver qu'un divertissement et que les uns et les autres sont respectables. Tout son soin consiste à aider ces gens à distinguer une pensée authentique d'une pensée tricheuse, un art vrai d'un art menteur, un divertissement de qualité d'un divertissement ignoble |
 |
| Jacques Lemarchand, Spectateur, 19 novembre 1946 |
Aux lendemains de la Libération et jusqu'à la veille de mai 1968, Jacques Lemarchand (1908-1974) affirme, par ses chroniques dans Combat, La NRF puis Le Figaro littéraire, son rôle de veilleur attentif accompagnant l'émergence d'un théâtre nouveau (Adamov, Audiberti, Beckett, Duras, Genet, Ionesco, Vauthier, Vinaver…), d'observateur lucide de la scène théâtrale et d'éditeur consciencieux des textes d'auteurs dramatiques, dans la collection « Le Manteau d'Arlequin » qu'il dirige chez Gallimard.
Son œuvre critique et son style personnel sont la marque d'une éthique rigoureuse et d'une grande richesse intellectuelle, que ce recueil permet de redécouvrir.
Textes réunis et présentés par Véronique Hoffmann-Martinot. Préface de Robert Abirached.
 |
 |
| |
Jacques Lemarchand
Le Nouveau Théâtre (1947-1968). Un combat au jour le jour
Textes réunis et présentés par Véronique Hoffmann-Martinot. Préface de Robert Abirached
Collection « Les Cahiers de la NRF », 2009
448 pages - 28,90 € |
|



 |
|

Jacques Lemarchand
Jacques Lemarchand est né à Bordeaux le 12 juin 1908. Après des études secondaires au collège marianiste de Grand-Lebrun,
fréquenté avant lui par François Mauriac, et à l'école Fénelon à
La Rochelle, il abandonne ses études de médecine puis de droit.
Passionné par la littérature, le théâtre et le cinéma, il s'installe à
Paris, au début des années 1930, après avoir effectué son service
militaire dans un régiment de zouaves en Afrique du Nord.
Accueilli dans le monde des lettres par Jean Paulhan qui l'aide à publier ses deux premiers romans (RN 234 et Conte de Noël,
respectivement parus chez Gallimard en 1934 et en 1937) ainsi qu'à la Libération deux autres romans (Geneviève et Parenthèse,
Gallimard, 1945), il entre chez Gallimard en 1943 pour assurer le
secrétariat de Pierre Drieu la Rochelle, alors directeur de La
NRF. Bien que la revue cesse de paraître en juin 1943, Jacques
Lemarchand reste attaché à la maison Gallimard comme lecteur
de manuscrits et éditeur (il dirige la collection Le Manteau d'Arlequin) ; sa collaboration ne prendra fin qu'à sa
mort, en février 1974.
Rue Sébastien-Bottin, il partage son bureau avec Albert Camus, dont il devient un ami très proche. Celui-ci lui demandera d'assurer
la critique théâtrale du journal Combat à la Libération. Ses
articles sont tout de suite remarqués pour leur indépendance, la
sûreté de leur goût et leur style vif et spirituel.
En 1950, il entre au Figaro, puis au Figaro littéraire où le directeur
Pierre Brisson, lui-même passionné de théâtre, l'accueille
avec enthousiasme, voyant en lui le porte-parole de certaines de
ses propres idées. En effet, à une époque où la critique théâtrale est en grande partie tenue par des critiques assez traditionalistes
comme Robert Kemp au Monde et très peu ouverts au changement
comme Jean-Jacques Gautier au Figaro, Jacques Lemarchand représente pour les auteurs nouveaux, les jeunes compagnies, les
metteurs en scène désargentés, les directeurs de théâtre exigeants
ou les acteurs de la décentralisation théâtrale un appui fidèle et
actif.
Pour tous les hommes de théâtre, il tiendra le rôle d'une « conscience fraternelle », selon le mot de Michel Corvin. Ainsi, le
Grand Prix national du Théâtre – créé en 1969 et décerné successivement à Eugène Ionesco (1969) et au metteur en scène Jean
Dasté (1970) – fut tout naturellement attribué en 1971 au critique
de théâtre Jacques Lemarchand, qualifié par Bernard Frank dans une chronique du Monde de « premier critique d'après guerre ».
V. H.-M.
Jacques Lemarchand a publié, aux Éditions Gallimard
Articles de Jacques Lemarchand parus dans La Nouvelle Revue française
Jacques Lemarchand a édité, dans la collection « Le Manteau d'Arlequin » |