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« Continents noirs » à la Maison de l'Amérique latine Boniface Mongo-Mboussa animera, le lundi 12 mars à la Maison de l'Amérique latine à Paris, une table ronde avec Jacques Dalodé, Libar M. Fofana, Henri Lopes, Scholastique Mukasonga et Mamadou Mahmoud N'Dongo, en présence de Jean-Noël Schifano, directeur de la collection « Continents noirs ».
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« L'Afrique – qui fit – refit – et qui fera » : chaque livre de « Continents noirs » s'ouvre par ce mot de Michel Leiris, l'écrivain ethnologue si fin connaisseur des cultures et territoires d'Afrique. Consacrée aux écritures
africaines, principalement d'expression française, la collection réunit des textes littéraires ou des essais,
contemporains, dus à des écrivains du continent noir et,
plus souvent, de sa diaspora. |
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Comment faire face à la corruption, au mauvais sort, à la stérilité, à l'adversité ? Les intrigues cocasses des nouvelles de ce recueil permettent d'aborder ces quesions avec candeur et malice. Elles mettent en scène des personnages simples, décrits avec humour et sensibilité. De la ville au village, ils nous promènent en des lieux qui nous deviennent vite familiers. À travers leurs tribulations et leurs mésaventures, nous découvrons bien des réalités du Bénin, de l'Afrique – et de notre proche voisinage... Les histoires sont belles. Leurs fins saisissent, étonnent et surprennent. Elles donnent un grand bonheur de lecture.
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Mais la beauté de Hawa, son corps presque normal lui valent très tôt des commentaires flatteurs et une bienveillance dont est privée Toumbou (« Asticot »), sa plus que jumelle, perçue comme un monstre. Ce tourment muet se transforme peu à peu en haine. La première rêve d'amour, la seconde, de devenir ministre. Or, comment avoir chacune un avenir propre tout en étant charnellement attachée à l'autre par une nature tragique et facétieuse ? La douloureuse route commune de deux sœurs siamoises pourra-t-elle s'ouvrir un jour sur deux destins particuliers ?
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Suit le récit d'une amitié liant deux jeunes femmes que l'évolution de leurs pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d'un monde divisé.
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Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota « ethnique » limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
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Mamadou Mahmoud N'Dongo nous offre bien advantage qu'un recueil de nouvelles avec Mood Indigo, c'est un album qu'il nous fait entendre. Mood Indigo est un standard de jazz et, comme dans le jazz, ses histoires sont autant d'improvisations, de partitions qui, avec humour, gravité, nous donnent des nouvelles d'ici et d'ailleurs, toutes plus attachantes, poétiques, émouvantes les unes que les autres.
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Jean-Noël Schifano a fondé et dirige la collection « Continents noirs ». « C’est fin janvier 1999, entre Paris et Libreville où, avec Antoine Gallimard, j’étais invité par le Centre culturel français Saint-Exupéry, que naît l’idée de la collection Continents Noirs. Dès nos premiers mots échangés, Antoine m’en confie — confiance jamais démentie et qui m’a permis de tenir la barre par les gros temps critiques des premières années — la direction. Un an plus tard, fin janvier 2000, les cinq premiers titres de Continents Noirs sortent en librairie et, avec les auteurs, nous parcourons derechef les 5 473 kilomètres qui séparent Paris de Libreville pour, promesse tenue, présenter les nouveaux-nés de la nouvelle collection des Éditions Gallimard. Ces premiers voyages pour Continents Noirs et ses auteurs furent suivis par d’autres, nombreux, au Congo, à Maurice, au Cameroun, au Togo… Comme quoi un éditeur n’est pas seulement un buste qui attend des manuscrits derrière un bureau… Accompagner les auteurs sur la latérite de leurs origines, voir et apprendre au contact des univers africains, susciter, encourager les écritures, métisser avec eux nos cultures, faire circuler avec eux leurs livres en Afrique où les livres circulent encore si mal, les présenter, les lire, les faire lire, là-bas aussi, où les livres sont toujours trop chers, trop rares, surtout quand on sort des villes capitales. Une poignée de latérite donc, comme celle que les anciens font couler dans la main des jeunes avant leur exil de leur village à travers le monde, sur chaque couverture de la collection Continents Noirs ; un peu de latérite jetée sur les couvertures ivoire, comme il arrive aux artistes contemporains de le faire sur leurs toiles avec du sable ou de la terre… La terre rouge se répand ainsi où elle veut, et chaque livre, faisant partie d’un même ensemble — collection et œuvre de chaque auteur —, est ainsi unique, avec son titre toujours inscrit dans de cette latérite qui prend chaque fois une forme différente. Cultiver la diversité au cœur des invariants — de ce qui, d’un imaginaire à l’autre, d’un continent à l’autre, est permanent. Recueillir ainsi des souffles nouveaux qui dessinent déjà un nouvel humanisme. Et cela est à l’image du titre pluriel de la collection : ouverture sur la pluralité, les diversités créatrices, les styles de la plus jeune littérature du monde née à partir du continent d’où semble avoir surgi l’humanité… Mongo Beti, dont plus de mille pages (Le Rebelle, I, II, III) sont publiées dans Continents Noirs, et qui avait pensé me confier son dernier roman dont il n’a pu écrire que trop peu avant de nous quitter, se demande : « Écrivain africain, qu’est-ce que c’est ? », dernier émouvant chapitre du volume I. Je crois que Continents Noirs contribue, par les écritures exemplaires de ses auteurs, à donner bien des réponses à cette question. Dixième anniversaire de la collection (2000-2010, bientôt soixante-dix titres, plus de trente écrivains — et les trois quarts se sont découverts dans Continents noirs), j’ouvre ce premier catalogue, c’est-à-dire cette magie rationnelle de la liste, des rencontres, des retrouvailles… Un catalogue rappelle, rassure, engage ; c’est une action de grâce pour le passé, une prière pour l’avenir, une reconnaissance pour le présent… Je suis le premier à aimer les écritures de Continents Noirs, à ressentir l’émotion du manuscrit découvert qui devient livre, avec plus de trois mille lecteurs qui emportent la première édition, et d’autres encore la deuxième édition, puisque presque chaque livre de la collection, tiré à trois mille exemplaires, a été réimprimé au moins une fois. Les cinq auteurs qui publient en janvier 2010 ont tous les cinq — Fabienne Kanor, Scholastique Mukasonga, Libar M. Fofana, Théo Ananissoh et Koffi Kwahulé — choisi Continents Noirs pour leur premier roman, et ils nous donnent, en ce dixième anniversaire de la collection, leur deuxième, leur troisième, leur quatrième… Les écrivains de Continents Noirs me sont chers, y compris ceux qui n’y ont fait qu’un bref parcours, écrivains kaléidoscopiques et si puissamment créateurs et rebelles et réalistes baroques, mordant sur notre réalité hybride et mouvementée dans un monde qui voudrait globaliser, grisailler aussi les écritures. Grâce à eux, s’est consolidé ou révélé ce « désir d’Afrique », ce désir de lire le monde et ses continents cachés sous une pellicule de latérite, désir dont Ahmadou Kourouma, un soir, devant un vaste public réuni à Paris dans la Maison de l’Amérique latine, livres en main, se réjouissait, sans plus vouloir quitter le micro, avec nous. » Jean-Noël Schifano |
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