Photo DR

 

Jeunesse du sacré de Régis Debray
  En librairie le 19 janvier 2012

  « Au fond, la question est celle-ci : qu'y a-t-il de sacré, aujourd'hui, en France ? Et dans le monde ? »

  Enlever au sacré sa majuscule et ses mystères pour lui remettre les pieds sur terre : c'est le propos de cette enquête où l'œil et l'esprit s'interpellent gaiement.

  L'œil, pour scruter tout autour du monde, les angles morts des études savantes : ces lieux, naturels ou construits, modestes ou grandioses – montagnes et sépultures, dépôts d'archives et enceintes de justice – que l'on s'accorde à retirer de la circulation.

  L'esprit, pour se défaire de vieux clichés, qui confondent le sacré avec le divin ou l'opposent au profane de façon irrémédiable. Comme si chaque époque ne faisait pas du sacré avec du prosaïque.

  Ce qui légitime le sacrifice et interdit le sacrilège procède d'une fabrique purement humaine où l'ouvrage est sans cesse remis sur le métier. Il n'y a pas de sacré pour toujours, mais il y a toujours du sacré dans une société au développement durable. À preuve nos principes intouchables, propos intolérables et monstres sacrés.

  Et voilà que notre modernité hypertechnique redonne à cet immémorial une nouvelle jeunesse – quitte à le faire glisser de l'histoire à la nature.
  Tant il est vrai que la pulsion de survie n'a pas de date de péremption.

  R. D.  
   
 


L'objet ?

  Mieux qu'un « beau livre », parce que moins cher et plus utile. Agile et d'accès aisé, ce livre beau et novateur dans sa facture ne juxtapose pas un texte et des images (deux centaines) mais les fait dialoguer. Le texte explique et l'image questionne l'explication. On ne peut lire sans regarder ni regarder sans lire.

     
   


Pourquoi ce sujet ?

  Parce qu'il est crucial et d'actualité. Dans le monde d'abord où s'enflamment guerres de religions et « chocs des civilisations », autour d'enjeux insurmontables parce que sacralisés. En France ensuite, où chaque communauté brandit son sacréà elle (génocide, viande halal, embryon, euthanasie, etc.) pour se replier sur son périmètre et s'opposer à ses voisines. Tandis que notre pays, obscurément, court après des valeurs fédératrices et rassembleuses.

     
   


Pour qui ?

  À ceux qui croient au ciel comme aux autres. Aux lycéens, parce que c'est un album avec des images insolites ou cocasses. Au corps enseignant, parce que c'est un mémento qui résume en termes simples des études érudites et lance des ponts entre disciplines : géographie, histoire, beaux-arts, littérature, philosophie…
  À l'honnête homme, enfin, parce que c'est un mode d'emploi sans jargon ni appareil de notes, qui l'aidera à faire le net dans sa tête et sa vie : « Au fond qu'est-ce qu'il y a de sacré aujourd'hui pour moi ? »

     
   


Utile à quoi ?

  À nous débarrasser de fausses idées reçues, quitte à fâcher un peu en secouant des certitudes. La première de toutes étant celle qui confond sacré et religieux (Auschwitz n'est pas une synagogue ni notre flamme du Soldat inconnu un sanctuaire chrétien). Utile également à remettre en perspective les événements du jour dans les longues durées en éclairant et désenclavant les unes par les autres. On pourra en somme faire servir ce vade-mecum illustré aussi bien à l'instruction civique, à des méditations personnelles d'ordre spirituel et à l'histoire sociale du présent, y compris dans ses aspects les plus banals et quotidiens.

Régis Debray
Jeunesse du sacré
Hors série Connaissance, Gallimard, 2012
208 pages, 200 ill. - 23 €

   

 

dernière parution

 

  Essayiste, romancier, journaliste et mémorialiste, Régis Debray a notamment publié aux Éditions Gallimard de nombreux essais, une pièce de théâtre (Julien le fidèle, 2005) et des mémoires (Aveuglantes lumières, 2006). Ont paru dernièrement Un candide en Terre Sainte (2008), Le Moment fraternité (2009), Dégagements et Éloge des frontières (2010) et Du bon usage des catastrophes (2011).

   Régis Debray a publié, aux Éditions Gallimard
   Ouvrages parus en « Folio » et en « Folio Essais »

     
    © www.gallimard.fr 2012