André Gide au piano, en compagnie de la pianiste Yura Guller, 1926. Coll. part.

 

En librairie : Notes sur Chopin, par André Gide

  À l'occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur, les Notes sur Chopin d'André Gide paraissent en « Blanche » en avril 2010. Initialement publiées dans La Revue musicale en 1931, elles sont aujourd'hui accompagnées d'un avant-propos de Michaël Levinas.

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  « J'ai passé avec Chopin plus d'heures que je n'en ai passé avec aucun auteur », confiait André Gide à une jeune pianiste en janvier 1951. Pianiste lui-même, et fin musicologue, l'écrivain avait à cœur de restituer Chopin à ses contemporains, tant il sentait que l'interprétation qu'en donnaient certains virtuoses de son temps en voilait les accents singuliers et contrevenait à son chant le plus intime. Il fallait revenir aux œuvres, à leurs « intentions ». C'est comme critique qu'il choisit de faire part de sa « lecture » de Chopin, en proposant un fructueux rapprochement entre le compositeur des Scherzos et le poète des Fleurs du Mal. Gide se souvenait de ses années de jeunesse, où Baudelaire et Chopin étaient tenus l'un et l'autre pour infréquentables, et leurs œuvres pour également « malsaines ». Mais qu'avaient-elles vraiment en commun qui pût laisser craindre un tel ravissement des esprits ? N'était-ce pas à leur égale perfection que l'on devait ce « secret d'émerveillement auquel l'âme aventureuse s'expose sur des chemins non tracés d'avance » ? Il s'agissait dès lors que les interprètes ne vinssent pas gâter, par trop d'assurance, la « révélation » Chopin, cette pure disponibilité à l'inouï que recèle l'écriture.

  Que les propositions musicales de Chopin sont simples ! Rien de comparable ici avec ce qu’aucun autre musicien avait jamais fait avant lui ; ceux-ci (j’en exclus Bach pour­tant) partent d’une émotion comme un poète qui cherche ensuite les mots pour l’exprimer. À la manière de Valéry, qui, tout au contraire, part du mot, du vers, Chopin, en par­fait artiste, part des notes (c’est aussi là ce qui faisait dire qu’il « improvisait » ) ; mais, plus que Valéry, il laisse aussitôt une émotion toute humaine envahir cette très simple donnée, qu’il élargit jusqu’à la magnificence.
  Oui, Chopin, cela est très important à dire, se laisse conduire et conseiller par les notes ; on dirait qu’il médite sur la puissance expressive de chacune. Il sent que telle note ou telle double note, tierce ou sixte, change de signification suivant sa position dans la gamme et, par une modification inespérée de la basse, soudain lui fait dire autre chose que ce qu’elle disait d’abord. C’est là qu’est sa puissance expressive.

André Gide, Notes sur Chopin, Gallimard, 2010

 

 

André Gide. Notes sur Chopin
Avant-propos de Michaël Levinas
Collection Blanche
184 pages - 13,50 €
En librairie le 23 avril 2010

Également en librairie :
   Chopin par Pascale Fautrier, en « Folio biographies »
   Frédéric Chopin par Michel Pazdro, en « Découvertes Gallimard »

   
 


Chopin
  par Pascale Fautrier

  Inédit
  Collection Folio biographies

  En librairie le 11 février 2010

  Bach est un astronome qui découvre les plus merveilleuses étoiles. Beethoven se mesure à l'univers. Moi, je ne cherche qu'à exprimer l'âme et le cœur de l'homme.

Frédéric Chopin

  Son père était français, sa mère polonaise. Il a vécu la première partie de sa vie en Pologne, la seconde en France. La veille de sa mort, il a demandé que son cœur revienne à la Pologne ; son corps fut inhumé au cimetière du Père Lachaise. Encensé dès son plus jeune âge, choyé par les princes, Frédéric Chopin (1810-1849) est l'auteur d'une œuvre qui reste parmi les plus jouées de tout le répertoire classique. Loin des stéréotypes de l'artiste romantique, tuberculeux dès l'âge de seize ans et compagnon de George Sand, cette biographie nous invite à découvrir un compositeur novateur et un pianiste virtuose, auquel on doit entre autres de grandes avancées dans le domaine de la technique pianistique, mais surtout un homme témoin de son temps qui sut transformer le sentiment tragique de la rupture et de l'exil en une énergie puissante, source de création et de joie.

 

Pascale Fautrier. Chopin
Collection Folio biographies, 2010
464 pages, 19 ill., 8,70 €

   
 


Chopin. « Chapeau bas, Messieurs, un génie... »
  par Michel Pazdro

  Collection Découvertes Gallimard, série Arts
  En librairie le 25 février 2010

  « Chapeau bas, Messieurs, un génie... » La parution, en 1831, des Variations pour piano et orchestre sur le thème célèbre de « Là ci darem la mano » de Don Giovanni vaut à Frédéric Chopin ce compliment de taille, lancé par Robert Schumann. Vienne l'accueille et lui fait un triomphe, mais la guerre russo-polonaise l'éloigne à jamais de son pays. À Paris, Chopin trouve la gloire, l'amour, et « le meilleur opéra du monde ». Mais la solitude et la tristesse de l'exil qui nourrissent son œuvre auront raison de sa santé fragile.
  Michel Pazdro retrace l'itinéraire de ce virtuose aux « doigts de velours ».

 

Michel Pazdro
Frédéric Chopin. « Chapeau bas, Messieurs, un génie... »
Collection Découvertes Gallimard, série Arts. Nouvelle édition en 2010
160 pages ill. - 14 €

     
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